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L’appartenance en pratique :

réflexions issues de l’évènement du Summer Institute sur la communication d’intérêt public

Du 19 au 21 mai 2026, Jordan Carrier et Natasha McKenzie, deux membres de notre équipe, se sont rendus à l’université de l’État de l’Arizona, à Phoenix, pour nous représenter lors du rassemblement annuel du Public Interest Communications Summer Institute. Le thème de cette année portait sur l’appartenance en action et la communication d’intérêt public dans un monde divisé. Cet évènement a réuni des professionnels, des conteurs, des chercheurs et des dirigeants de communautés afin d’explorer la manière dont les véritables communautés créent et entretiennent un sentiment d’appartenance.

Chez Castlemain et ChangeMakers, nous considérons l’appartenance comme une pratique, et non comme un simple concept. Il s’agit de créer des environnements où les personnes se sentent reconnues, en sécurité et valorisées. Natasha et Jordan ont incarné cet engagement tout au long de l’évènement du Summer Institute. Elles ont participé à l’ouverture de l’évènement, animé un kiosque interactif et dirigé une séance sur le récit autochtone pour rendre hommage à l’histoire en tant que savoir vivant et pour mettre en valeur la responsabilité inhérente au partage de ce récit.

Natasha s’est également jointe à la table ronde de clôture où les participants étaient invités à une réflexion sur l’appartenance, en offrant des perspectives fondées sur son expérience et son engagement en faveur de la responsabilité relationnelle. Jordan a également fait part de ses propres réflexions, en soulignant les enseignements qui continueront de façonner son leadership et sa pratique.

Nous avons invité Natasha et Jordan à nous en dire plus sur leur participation à l’évènement du Summer Institute.

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En quoi vos expériences de vie ont-elles contribué à adapter votre approche pour lancer des discussions sur l’appartenance lors de l’évènement du Summer Institute sur la communication d’intérêt public?

Natasha : D’après mon expérience, l’appartenance ne se résume pas au simple fait d’être invité à entrer dans une pièce. On doit sentir que l’on ait pris en compte, respecté et en mesure de participer sans avoir à se rabaisser ou à renier son identité. Dans mes fonctions précédentes, j’ai pu constater l’importance de la communication pour créer un lien authentique, mais j’ai aussi vu qu’elle pouvait, au contraire, renforcer discrètement l’exclusion, selon les récits mis de l’avant et les expériences considérées comme secondaires.

Au Summer Institute, j’ai défendu l’idée que le sentiment d’appartenance est beaucoup plus profond que celui d’inclusion. Tout au long des discussions, j’ai réfléchi au rôle que joue la communication pour tenter de définir ce dont les gens ont besoin pour se sentir en sécurité, valorisés et capables de s’exprimer en toute sincérité. Mon expérience professionnelle m’a appris à écouter attentivement et à considérer l’appartenance comme un sentiment qui doit être développé intentionnellement grâce à la confiance, à la représentation et au partage du pouvoir.

En quoi votre rapport au récit autochtone a-t-il guidé la manière dont vous avez occupé l’espace pendant l’évènement?

Jordan : Mon rapport au récit autochtone repose sur le respect, la responsabilité et la réciprocité. On ne soutire pas un récit et on ne le façonne pas non plus à sa convenance; un récit est porteur de savoir et de mémoire et crée un lien avec la communauté. À l’Institut, cette compréhension a façonné ma manière d’être présente dans chaque interaction. Pour créer un espace, il fallait écouter avec intention, laisser place aux pauses et reconnaître que tout le savoir n’a pas besoin d’être exprimé pour être compris.

J’étais consciente que, pour créer un sentiment d’appartenance, il ne suffit pas d’inviter les gens à s’exprimer. On doit favoriser des conditions dans lesquelles chaque personne se sent en sécurité pour se manifester pleinement ou choisir de ne rien dévoiler du tout. Le récit autochtone m’a appris à valoriser ce choix, à respecter le silence autant que la parole et à aborder chaque conversation avec bienveillance.

Quels liens avez-vous établis entre le thème du Summer Institute sur la communication d’intérêt public et le travail que vous menez aujourd’hui?

Natasha : Notre travail en tant que communicatrices et communicateurs repose sur l’humilité, le respect et la responsabilité. Nos clients nous font confiance pour créer un espace propice et accueillir leurs récits avec bienveillance, et nous ne prenons pas cette responsabilité à la légère. Au cours de l’évènement du Summer Institute, nous avons eu l’occasion d’échanger avec d’autres communicatrices et communicateurs dont la diversité des expériences vécues a enrichi chaque conversation.

En réfléchissant à la notion d’appartenance, l’une des principales leçons que j’ai retenues est qu’un véritable sentiment d’appartenance émerge lorsque les liens communautaires sont entretenus et fondés sur des relations de confiance, ce qui correspond étroitement à nos propres pratiques et valeurs, en particulier à notre engagement à travailler au rythme du lien de confiance qui se tisse et à construire des relations qui respectent la voix et le leadership des communautés.

Quel nouveau regard portez-vous sur votre rôle de dirigeante, et dans quelle mesure cela influencera-t-il votre travail à l’avenir?

Jordan : Ce que je retiens principalement, c’est que l’appartenance est un sentiment que l’on entretient activement selon la manière dont on conçoit les espaces, les relations et les communications; il ne se manifeste pas par lui-même. Il faut continuellement réfléchir aux personnes qui sont incluses, à la manière dont les décisions sont prises et aux voix qui façonnent le récit. L’appartenance, en ce sens, est un acte constant de pratique intentionnelle plutôt qu’un résultat passif.

À l’avenir, cette réflexion influencera la façon dont je dirige en m’incitant à faire preuve d’une plus grande volonté à créer des espaces propices, tant au sein de notre équipe qu’aux côtés de nos clients, et à les préserver. Cela implique de ralentir le rythme au besoin, d’accorder la priorité aux relations et de veiller à ce que notre travail rende compte d’une responsabilité partagée plutôt que d’un modèle de gestion descendante. La confiance, la transparence et la responsabilité seront toujours au cœur de mon approche, tout en reconnaissant qu’un sentiment d’appartenance significatif se construit au fil du temps et grâce à des actions cohérentes et réfléchies.

En tant qu’entreprise, nous sommes fiers de voir Natasha et Jordan élever leur voix en tant que dirigeantes lors d’un évènement aussi important. Leur participation traduit notre engagement commun à renforcer le sentiment d’appartenance au Canada et au-delà. Il s’agit d’un rappel que l’appartenance est un sentiment que nous créons ensemble, une relation, une histoire, un moment à la fois.

Cela met également en lumière ce qui rend notre organisation unique. Notre travail repose avant tout sur les relations et la sécurité culturelle. Nous considérons le récit comme une source de savoir, nous accordons la priorité à la responsabilisation et nous concevons une méthode de travail qui respecte les vérités définies par la communauté. Cette approche s’appuie sur la réciprocité et l’intégrité culturelle, permettant ainsi au sentiment d’appartenance de passer d’un simple concept à une pratique vécue et partagée.